Les États-Unis resserrent les règles : Les Deux Congos face à des restrictions de voyage

Un nouveau projet circulant au sein de l’administration Trump propose d’ajouter la République du Congo (Congo-Brazzaville) et la République Democratique du Congo (Congo-Kinshasa) à une liste de pays susceptibles de faire face à des restrictions de voyage vers les États-Unis. Le document, examiné par des responsables diplomatiques et de sécurité, décrit un système classant les nations en catégories “rouge”, “orange” et “jaune” en fonction des préoccupations liées à la sécurité et aux visas.

Selon le New York Times, le projet place les deux Congos sur une liste “jaune” de 22 pays. Les nations figurant sur cette liste auraient 60 jours pour remédier à des lacunes perçues en matière de sécurité, telles qu’un partage insuffisant d’informations sur les voyageurs et des protocoles de délivrance de passeports jugés faibles. Le non-respect de ces exigences pourrait entraîner leur déplacement vers des catégories plus sévères, ce qui risquerait de suspendre la plupart des voyages en provenance de ces pays vers les États-Unis.

Outre les deux Congos, la liste “jaune” comprend l’Angola, le Cambodge, le Cameroun, le Mali et le Zimbabwe. Les pays de cette catégorie pourraient faire face à des restrictions en matière de délivrance de visas, à des entretiens en personne obligatoires et à d’éventuelles interdictions de voyage pour les personnes cherchant à obtenir un visa touristique ou d’immigrant. Les hommes d’affaires aisés pourraient toujours entrer, bien que l’accès global demeure limité.

Les préoccupations en matière de sécurité ont été citées comme la principale raison de l’inclusion des deux Congos sur la liste. Les responsables ont souligné les inquiétudes concernant un partage d’informations inadéquat et des vulnérabilités dans les systèmes de passeports, qui pourraient permettre des abus tels que la vente de citoyennetés à des individus issus de pays interdits cherchant à contourner les restrictions de voyage.

Bien qu’aucun des deux Congos ne figure sur la liste “rouge” plus stricte, qui imposerait une interdiction totale de voyage, leur présence sur la liste “jaune” reste lourde de conséquences. L’incapacité à améliorer les normes de sécurité dans les délais impartis pourrait entraîner le passage de ces nations à un niveau supérieur, mettant à mal les relations diplomatiques. Les deux pays ont connu une instabilité interne, avec le Congo-Brazzaville sous la présidence de Denis Sassou-Nguesso depuis 1997 et le Congo-Kinshasa confronté à des défis persistants en matière de gouvernance, de sécurité et d’infrastructures.

L’impact économique et politique de ces restrictions pourrait être significatif. Les États-Unis sont un partenaire crucial pour les deux Congos, notamment dans les domaines de l’aide au développement, de la coopération en matière de sécurité et du commerce. La limitation des voyages pourrait entraver le dialogue diplomatique, réduire les opportunités éducatives pour les citoyens congolais et perturber les liens commerciaux, en particulier pour des secteurs comme le pétrole au Congo-Brazzaville et les mines au Congo-Kinshasa. Bien que les hommes d’affaires aisés puissent contourner certaines restrictions, les répercussions économiques générales pourraient affecter considérablement la région.

Ce projet représente un changement dans la politique d’immigration américaine sous l’administration Trump, qui a de plus en plus mis l’accent sur les préoccupations en matière de sécurité nationale. Alors que les interdictions de voyage précédentes visaient principalement les pays à majorité musulmane, cette nouvelle proposition inclut un éventail plus large de nations, y compris celles ayant des liens stratégiques avec les États-Unis en Afrique.

Les responsables affirment que ces nouvelles restrictions visent à protéger les Américains contre les menaces à la sécurité posées par des individus exploitant les lois sur l’immigration. Toutefois, les critiques soutiennent que de telles mesures générales risquent d’être injustes et pourraient faire face à une opposition tant nationale qu’internationale.

Bien que le projet soit encore à l’étude, avec des contributions attendues de divers départements gouvernementaux et ambassades, des changements sont possibles avant sa mise en œuvre. La décision finale dépendra probablement des négociations diplomatiques et des réponses des Congos aux demandes d’amélioration des pratiques de sécurité. Répondre à ces préoccupations sera crucial pour que les deux nations évitent des restrictions de voyage plus strictes et d’éventuelles répercussions diplomatiques.

En plus de la liste “jaune”, le projet détaille une liste “rouge”, qui comprend des pays tels que l’Afghanistan, le Bhoutan, Cuba, l’Iran, la Libye, la Corée du Nord, la Somalie, le Soudan, la Syrie, le Venezuela et le Yémen, imposant une interdiction totale de voyage à leurs citoyens. La liste “orange”, comprenant des pays tels que la Biélorussie, l’Érythrée, Haïti, le Laos, le Myanmar, le Pakistan, la Russie, la Sierra Leone, le Soudan du Sud et le Turkménistan, impose des restrictions de voyage avec des conditions de visa plus strictes et une surveillance accrue. Ces classifications reflètent une stratégie plus large de l’administration Trump visant à mettre en œuvre des restrictions de voyage graduées afin de renforcer la sécurité nationale.

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